Travailleurs de la restauration rapide à Tokyo Aujourd’hui les travailleurs de la restauration rapide du monde entier ont organisé une action mondiale, une grève sans précédent et inspirée par la solidarité entre les travailleurs. De New York à Bombay, …

Walton Pantland
Travailleurs de la restauration rapide à Tokyo

Travailleurs de la restauration rapide à Tokyo

Aujourd’hui les travailleurs de la restauration rapide du monde entier ont organisé une action mondiale, une grève sans précédent et inspirée par la solidarité entre les travailleurs.

De New York à Bombay, de Paris à Tokyo, les travailleurs de la restauration rapide et leurs partisans ont piqueté leurs lieux de travail. Ils protestent contre l’industrie de la restauration rapide – dominée par de grandes enseignes comme McDonald, Burger King, Pizza Hut et KFC -. qui font d’énormes profits alors qu’ils gardent leurs employés dans des emplois précaires et avec des bas salaires.

Activists in South Korea

Activists in South Korea

C’est peut-être la première fois dans l’histoire que des travailleurs ont pris simultanément, dans un si grand nombre de pays différents, des mesures de grève contre les mêmes sociétés multinationales. Il s’agit d’un heureux événement d’internationalisme syndical, aidé aussi par les médias sociaux qui ont permis aux travailleurs de diffuser des messages à travers le monde entier pour communiquer sur leurs actions, et d’envoyer des mots de solidarité, en utilisant le hashtag #FastFoodGlobal. En fin de journée, la grève était le sujet tendance sur Twitter – la chose dont on a le plus parlé sur les médias sociaux. C’est la première fois qu’une campagne syndicale atteint un tel objectif et c’est très important pour nous de célébrer ce succès : la pauvreté salariale a été enfin mise à l’ordre du jour.

L’action a débuté ce matin en Nouvelle-Zélande, où leUnite syndicat mène avec succès depuis des années une campagne appelée  Supersize My Pay.

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Il y a eu des manifestations en Asie (Corée du Sud, Inde, Indonésie, Hong Kong et Japon), dans 150 villes américaines, et en Europe (Irlande, Danemark, Italie, Belgique, Suisse et bien d’autres pays). Dans l’ensemble, les travailleurs de 30 pays ont participé à cette action .

Les travailleurs se sont également envoyés des messages de solidarité les uns les autres, comme celui-ci envoyé par les travailleurs McDonald aux États-Unis aux camarades en Irlande.

 

 

Le “travail McDo”, autrefois considéré comme une option d’emploi à court terme pour les jeunes, pour gagner un peu d’argent tout en étudiant, a piégé depuis la récession économique mondiale de plus en plus de travailleurs dans le monde. Tout en accordant des salaires de misère, les emplois n’offrent généralement pas d’heures garanties, ou d’avantages tels que les congés maladie payés et les jours fériés. Il est fréquent pour les travailleurs de la restauration rapide de cumuler deux ou trois emplois pour arriver à gagner de quoi vivre.

Cette grève de la restauration rapide a été largement inspirée par le mouvement des travailleurs pauvres aux États-Unis qui fait partie de la campagne pour un salaire minimum de 15$/heure, et qui est soutenu par les principaux syndicats comme le SEIU. La campagne pour le salaire minimum acquiert une importance considérable aux États-Unis où  la question de la pauvreté a été mise à l’ordre du jour de l’agenda politique. Seattle est la première grande ville des États-Unis à avoir mis en place récemment le salaire minimum de 15$ par heure.

Cependant les travailleurs de la restauration rapide du monde entier s’organisent et protestent depuis des années et, le mouvement grandissant, la nécessité de prendre des mesures globales et coordonnées s’impose. La grève mondiale d’aujourd’hui a été coordonnée par leUITA, le syndicat mondial des travailleurs de l’alimentation.

 

L’UITA avec l’Unia à Genève, en Suisse, où les syndicats font campagne pour le salaire minimum le plus élevé du monde

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Comme le secrétaire général de l’UITA Ron Oswald   a déclaré :

« Les travailleurs de la restauration rapide du monde entier sont confrontés aux mêmes problèmes, salaires très bas, quantité d’heures de travail insuffisante, les contrats “zéro heures”, le stress, l’hostilité des employeurs à l’organisation syndicale … Le 15 mai serait le Big Bang du travail contre le Big Mac? Pour nous il s’agit d’une première étape d’une lutte longue et difficile mais nécessaire. Les syndicats se sont engagés sur le long terme » .


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Walton Pantland

South African trade unionist living in Glasgow. Loves whisky, wine, running and the great outdoors. Walton did an MA in Industrial Relations at Ruskin, Oxford, and is interested in how trade unions use new technology to organise.

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