En étendant notre compréhension de la solidarité non pas à nos pairs mais à ceux qui en ont besoin, nous réussirons bien mieux. Car nous somme plus forts ensembles.

Aurélie Wielchuda

La solidarité est souvent définie comme une union ou une association qui se crée à cause de responsabilités ou d’intérêt communs entre les membres d’un groupe ou d’une classe. Pour moi, la solidarité commence quand nous avons de l’empathie pour autrui, quand nous comprenons leurs points de vue et leur combat et refusons de les laisser être désavantagés à cause de leur situation.

En période de crises comme celle que nous avons en ce moment, nous avons tendance à avoir trop peur pour aller vers les autres et nous mettre à leur place. Au niveau de l’Europe, le constat est sans appel. Les partis d’extrême-droite deviennent plus forts et l’intolérance augmente. Les immigrants se font battre à mort en Grèce, la Slovaquie veut institutionnaliser les inégalités entre hétérosexuels et homosexuels, l’Espagne a tenté de priver les femmes du droit à l’avortement, des milliers de personnes ont manifesté en Allemagne contre les demandeurs d’asile, les droits sociaux sont démantelés… Quand quelqu’un se sent menacé, c’est un réflexe assez normal de se replier vers ce qui semble familier et rassurant, c’est-à-dire ceux qui nous ressemblent et avec qui nous voulons former une communauté. En sociologie, l’un des éléments les plus efficace pour la construction d’un groupe est le fait de trouver un ennemi commun, ce qui explique le succès des partis populistes. Mais ceux-ci n’apportent pas de solution.

Vous n’êtes peut-être pas demandeur d’asile en Allemagne, immigrant en Grèce, homosexuel en Slovaquie et peut-être n’êtes vous pas une femme. Mais il est plus que probable que vous soyez victime d’une forme d’injustice, où que vous soyez dans le monde. Que ce soit le racisme, le sexisme, l’homophobie ou une forme d’injustice sociale. Pour cela, nous devrions considérer tous les oppressés comme faisant partie de notre groupe et montrer notre solidarité.

Nous avons besoin de solidarité. Pas seulement parce que c’est bien ou pour montrer aux gens qu’ils ne sont pas seuls. Nous avons besoin de solidarité parce que c’est une stratégie qui marche. Quand les hommes se sont élevés contre le problème des viols en Inde, cela a provoqué un tollé mondial et a forcé le gouvernement à agir. Le formidable film « pride » montre l’efficacité de la solidarité entre mineurs et homosexuels à la fin des années 80 au Royaume-Uni. L’esclavage a été aboli quand des Blancs se sont rendus compte de l’ignominie qu’il y avait à considérer des personnes comme des propriétés à cause de leur couleur de peau. Quand des personnes ont commencé à en regarder d’autres d’une manière différente et à les comprendre.

Cela n’enlève rien au courage et à la nécessité de se battre pour ses propres droits. Mais se battre seul en tant qu’oppressé contre un système est bien plus difficile. Quand les femmes se battent pour leurs droits, elles sont hystériques (typique des femmes, n’est-ce pas ?), quand les esclaves se battirent pour leur libération, ils étaient de mauvais esclaves insubordonnés, quand les travailleurs se battent pour des salaires décents, ils sont feignants et ignorant des réalités des marchés (ces nouveaux dieux que nous devrions suivre les yeux fermés), etc… En étendant notre compréhension de la solidarité non pas à nos pairs mais à ceux qui en ont besoin, nous réussirons bien mieux. Car nous somme plus forts ensembles.


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Aurélie Wielchuda

Aurélie is a feminist based in Brussels.

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